Droit de réponse à l’article de l’Express du 02 mai 2012

Les laboratoires Servier ne peuvent laisser passer sans réagir les propos tenus par Mme Irène Frachon dans son interview du 2 mai 2012 que vous avez publiée sous le titre : "Irène Frachon : je suis devenue, sans le vouloir, Mediatorologue".

Mme Frachon, tout en expliquant qu'elle pèse chacun de ses mots, tient des propos inacceptables, puisque :

  • elle évoque, à dessein, l'image d'un génocide en déclarant : "J'ai gratté la terre et je suis tombée sur un charnier" ;
  • elle présente le groupe Servier comme l'archétype du groupe voyou, en assurant qu'elle savait qu'"il existait des gangsters sur le modèle du groupe Servier" ;
  • elle nous accuse de corruption, en déclarant que l'affaire Mediator l'"a déniaisée [en lui faisant découvrir] l'existence de la collusion dans notre démocratie".

La violence de ces propos et leur accumulation sont à la mesure des contrevérités qu'assène Mme Frachon.

En effet :

  • Elle écrit au sujet du Mediator : "Mon enquête, comme celle de l'Igas [Inspection générale des affaires sociales], démontre que les risques mortels étaient établis dès 1999 ou 2000." Cela est faux : en 1999, un seul cas de valvulopathie chez un patient était identifié ; et le système français de pharmacovigilance n'avait pas alors jugé nécessaire de le faire "remonter". Aucun autre cas n'a été signalé jusqu'en 2003. Mme Frachon a d'ailleurs, elle-même, écrit dans un article scientifique (European Respiratory Journal), en 2009 : "[...] contrairement à la fenfluramine et la dexfenfluramine, et à ce jour, le benfluorex n'a pas été associé avec des effets cardiovasculaires".
  • Mme Frachon cite l'enquête de l'Igas comme une référence, alors qu'elle ne peut ignorer qu'elle a été conduite sans respect du principe du contradictoire. Et ce, au point que : le groupe Servier n'a jamais été entendu ; aucune étude, aucun entretien, aucun élément en provenance du groupe n'a pu être remis à l'Igas. Et ce, au mépris des usages et des principes les plus élémentaires, et même des règles stipulées dans "Les bonnes pratiques de l'Igas 2009".
  • Les chiffres de la Cnam auxquels Mme Frachon fait référence et qui ont servi pour estimer un nombre de décès n'ont pas pu être étudiés par d'autres experts. La méthode appliquée par la Cnam est si étrange qu'elle n'a servi pour aucun autre médicament que le Mediator.
  • Et, malgré leurs nombreuses demandes, les laboratoires Servier n'ont toujours pas accès aux données à partir desquelles le groupe, ses dirigeants et ses équipes ont été livrés aux chiens.
  • Mme Irène Frachon blâme aussi les cardiologues car, comme elle le dit elle-même, "un seul d'entre eux" l'a suivie. Peut-on ainsi balayer d'un revers de main l'avis du corps médical le plus concerné par le dossier Mediator ?
  • Présenter les laboratoires Servier comme l'archétype des gangsters et induire qu'ils auraient "volontairement" tué en disant qu'Irène Frachon a découvert un charnier implique une évidente intention de nuire. Mais ces accusations ne reposent sur aucune donnée concrète.
  • Les laboratoires Servier attendent avec sérénité et confiance le déroulement des procédures judiciaires engagées, les expertises, ainsi que les enquêtes auxquelles l'ensemble des dirigeants du groupe Servier participent avec un respect scrupuleux.

Jacques Servier, président de la société Les Laboratoires Servier